Brèves

Théâtre de la Valette : "les 39 Marches"

D’Alfred Hitchcock et John Buchan. Mise en scène d’Alexis Goslain. Avec Jean-Claude Frison, Léonil Mc Cormick.

Le mercredi 15 novembre, je me suis rendu au Théâtre de la Valette pour assister à la première des « 39 marches ». Par curiosité, et afin de préparer au mieux ces quelques lignes, j’avais au préalable visionné le film d’Alfred Hitchcock. C’est donc avec des images plein la tête que j’ai pris place dans les confortables fauteuils de la salle.
Voici mes impressions…


Une mise en scène théâtrale

Alexis Goslain, a choisi pour les « 39 marches » une mise en scène résolument ‘’théâtrale’’. Soulignée, d’entrée de jeu, par une mise en abîme, ce choix est assumé et intelligemment exploité tout au long de la pièce. Les acteurs semblent s’en délecter. Ils s’amusent, de-ci de-là, avec les codes du théâtre, mais aussi avec les personnages -aux traits affirmés- qui se prêtent parfaitement à leurs jeux généreux et dynamique. L’espace, sur scène et en bord de scène, est exploité au mieux. La musique et la vidéo, sont astucieusement utilisées pour créer des ambiances, souligner des moments clés et pour permettre des transitions fluides entre les lieux d’action. Enfin, la présence du public n’est jamais oubliée. Sans, pour autant participer directement au spectacle, l’audience est invitée à soutenir les acteurs et fait parfois  partie intégrante de la mise en scène.

La dimension comique

Autre parti pris, autre réussite, donner une direction assurément comique à la pièce. Même avant le commencement ‘’réel’’ du spectacle, au sempiternel appel à couper les portables, on a déjà le sourire aux lèvres. Et celui-ci n’est pas prêt de nous quitter. Les personnages, dessinés talentueusement par le metteur en scène et interprétés avec brio par les quatre acteurs, sont hauts en couleur. Caractères forts, accents marqués, parfois volontairement caricaturaux, ils prêtent toujours à rire. Outre le caractère des personnages,  le langage -les jeux de mots sont légions-, les situations, les gestes, les répétitions, le ton et même le choix des scènes et de leurs durées sont, eux aussi, avant tout au service de nos zygomatiques.

Le respect de l’œuvre

Bien que le metteur en scène se soit permis quelques libertés par rapport au film. On soulignera avant tout les ressemblances entre les deux adaptations. Les différentes scènes du film, hormis quelques coupes, indispensables pour garder le rythme -qui est par ailleurs très bon-, sont toutes présentes. Les répliques « cultes » sont respectées à l’identique. On retrouve -même s’ils sont parfois réadaptés- presque tous les personnages. L’esprit, les ambiances, propres à chaque moment de l’intrigue, sont identiques, bien que toujours teintés d’une dimension plus comique. Plus que de seulement respecter le ton et la narration du film, Alexis Goslain rend hommage, à travers sa pièce, à l’œuvre cinématographique d’Hitchcock lui-même (jusqu’à des sons et des images du film qui apparaissent sporadiquement dans la pièce), mais aussi à d’autres classiques du  7ième art (comme la Grande Vadrouille et même peut-être Indiana Jones et James Bond ?!).

Une pièce à voir et re-voir

J’ai passé un excellent  moment ce mercredi soir au théâtre de La Valette et je ne saurais que vous conseiller de profiter des dernières séances pour aller voir et même re-voir « Les 39 Marches » seul, en famille ou avec des amis.

Karim Sarton

Infos pratiques:

Théâtre de la Valette
www.lavalette.be
Représentations tous les soirs jusqu’au  17 décembre.

A la date de clôture de cet article, nous avons appris la  mauvaise nouvelle concernant la suppression des subsides du théâtre de La Valette. Nous voulons manifester notre soutien à l’équipe et nous espérons de tout cœur que la situation s’arrangera.

« Les 39 Marches », du livre à la pellicule jusqu’aux planches…
Les 39 marches (The Thirty-Nine Steps), c’est avant tout, un roman d’espionnage de John  Buchan paru en 1915. Quand, dans les années ’30 (le film sortira en 1935), Alfred Hitchcock, en pleine période anglaise, adapte les 39 marches, il prend de nombreuses libertés vis-à-vis du roman. La plus emblématique étant la création du personnage de Pamela, figure centrale dans le film d’Hitchcock mais aussi dans la pièce de Goslain. L’adaptation théâtrale par Alexis Goslain, est, quant à elle, assez fidèle au film d’Hitchcock : en termes d’ambiance, de narration et de personnages. Mais elle transfigure, dans la forme, le récit, pour l’adapter aux codes, mais aussi aux possibilités et contraintes du spectacle vivant.
Plus que la ressemblance pure et simple, il semblerait que la réussite de l’adaptation d’une œuvre dépend surtout du talent de l’adaptateur et de la capacité de ce dernier à transmettre les émotions, mais aussi les informations liées à une intrigue en exploitant avec créativité les spécificités de son support.
A la base de ce travail d’orfèvres qu’est l’adaptation d’un film, d’un livre, d’une pièce, etc., les questionnements sont légion et les réponses à y apporter diverses… Quand le verdict du public et des critiques est, quant à lui, bien souvent plus binaire (j’aime/j’aime pas) !

Date de dernière mise à jour : 08/10/2015
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